CHEBEYA : QUAND UN ASSASSINAT DEVIENT AFFAIRE NATIONALE

AfricaNews n°462 du lundi 07 au mardi 08 Juin 2010

CHEBEYA : QUAND UN ASSASSINAT DEVIENT AFFAIRE NATIONALE

JC Vuemba pour la programmation des funérailles le 30 juin 10

 

La mort de Floribert Chebeya, directeur exécutif de la Voix de Sans Voix –VSV- dans des circonstances qui restent à déterminer par une enquête attendue de tous, est loin de laisser indifférentes la classe politique et la société civile RD-congolaises. Autant des messages de compensation ne cessent de tomber dans des rédactions de la capitale, autant des réactions en tous genres sont enregistrées dans le même cadre. C’est le cas de cet entretien accordé samedi 5 juin 2010 à AfricaNews par Jean Claude VUEMBA LUZAMBA, député National élu de Kasangulu dans le Kongo Central.

D’entrée de jeu, Vuemba a informé l’opinion qu’il suspend, comme ses collègues Kanku et Lisanga qu’il a cités. Toutes ses activités à l’Assemblée Nationale pendant 15 jours. C’est sa façon de pleurer Chebeya. A ce deuil qu’il décrète. Vuemba implique le Bureau Politique du MPCR. Son parti politique, ainsi que toute sa base de Kasangulu en émettant le vœu de voir le corps de Chebeya enterré le 30 juin 2010 pour que cela reste gravé dans les mémoires. Pour lui, ceux des officiels étrangers conviés aux manifestations du Cinquantenaire devraient s’amener à Kinshasa avec des couronnes des fleurs à déposer sur la dépouille de Chebeya et son chauffeur ainsi que sur les tombes de Maheshe, Bapuwa, Ngikye et son épouse… C’est dire combien le député est bouleversé par ce qui est arrivé à la corporation des activités des droits de l’homme en RD-Congo. « Ce qui est arrivé à Chebeya est très grave car ça remet en mémoire les périodes sombres de l’histoire du pays et doit interpeller les bonnes consciences. Quelqu’un qui a rendez-vous avec un Inspecteur Général de la Police et disparait pour être retrouvé mort quelques heures plus tard, le corps inanimé de son chauffeur est également découvert, mais à quelques 50Km du lieu où est trouvé le cadavre de son patron » s’indigne Vuemba qui s’étonne que les criminels ont oublié que Chebeya ne savait pas conduire un véhicule. De quoi pousser JCV à se demander qui a alors conduit la voiture de la victime de l’endroit de son rendez-vous jusqu’à Mitendi où il a été tué car le chauffeur était censé ne pas être avec lui, « il faut que tout le monde s’assume à commencer par le gouvernement, la Police qu avait rendez-vous avec Chebeya ainsi que la MONUC qui doit, grâce à la logistique et à la technologie de pointe à sa disposition, récupérer le corps de Chebeya pour une autopsie sans complaisance », suggère-t-il en avouant que la démocratie commence à être ainsi biaisée en RD-Congo et l’Opposition doit prendre ses responsabilités pour ne pas offrir des béquilles au pouvoir de Kinshasa. Vendant son image positive à l’extérieur sous prétexte que la démocratie existe.

Des enquêtes qui piétinent

sur une autre registre, Vuemba s’est posé la question de savoir ce qu’on peut attendre de l’Assemblée Nationale et du Parlement en général, dès lors que les résolutions des enquêtes diligentées ne sont jamais appliquées ou respectées. Il appuie avoir à son actif, 4 motions votées pour des commissions parlementaires restées lettres mortes. Il a cité pêlemêle, les dossiers OFIDA-CTC, Dette intérieure, CEEC, et le contrôle sur la rétrocession des 11 provinces. Il a enchaîné en parlant du Sénat avec le cas de la commission Lunda Bululu à l’Equateur où, malgré la gabegie financière de l’actuel gouverneur, le PGR n’a pas ouvert une saisine. Mais ce dernier, par souci de distraction, ne s’empêche pas de perdre ses connaissances en confondant la notion de résidence surveillée et prison quand il s’agit d’un dossier de faux et usage de faux en écriture concernant un membre de l’Assemblée Nationale. « Il st difficile de travailler dans ce genre de conditions… », regrette Vuemba qui révèle que le jeudi dernier cers 13h30’, une balle tirée d’une arme de guerre est tombée dans la parcelle qui abrite le siège de son parti, dans la commune de Ngiri-Ngiri, manquant de peu de tuer Eville Bashidikie, cadre du MPCR. Malgré que Jean Claude VUEMBA LUZAMBA ait saisi les autorités de la police Nationale à cet effet, sa démarche est restée vaine. La Police scientifique lui promise pour clarifier les choses ne s’est jamais manifestée. Pas du tout découragé, Vuemba, à la manière de Franco Luambo Makiadi, hausse le ton : « Soki omoni ndoki, belela makasi, noki te mongongo ekozika ». Comme pour dire qu’il faut dénoncer le mal avant qu’il ne vous rattrape.

Laurent BUADI



07/06/2010
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